Voyage de Nicolas Sarkozy en Afrique

Posted on : 26-02-2010 | By : vincent | In : Les propos du vieux toubib

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Le chanoine en Afrique par Jacques Franck.

Le Président-chanoine Nicolas, co-prince d’Andorre et bienfaiteur auto-proclamé de l’humanité, se réveilla illuminé par une idée grandiose (il ne pouvait pas en avoir d’autres).Il passa une main protectrice sur l’aimable croupe de Madame Carla et lui enjoignit d’appeler le Maître des Écuries royales.
“-Ordonne-lui d’atteler immédiatement deux Airbus de fort calibre et deux Falcon 900. Je vais faire un petit tour chez ces bons nègres d’Afrique
-Oui, mon poulet. Mais fais attention de ne pas attraper de mauvaises maladies !”

Arrivé à Libreville, il s’adressa à la population, c’est à dire à Monsieur le Président du Gabon :
“Salut, Ali, fils de feu Omar. Ton père fut toujours l’ami dévoué de la France qui s’incarne en moi, et des flots de pétrole scellèrent cette amitié pendant les 42 années de son règne. C’est toi, Ali Bongo, qui reprends le flambeau, je devrais dire la torchère (il gloussa, satisfait de lui).. Sans moi, il est évident que ton peuple ne t’aurait jamais porté à la magistrature suprême, au pouvoir… total (il gloussa derechef). Et à propos de Total, je sais que tu es, sinon assez intelligent, du moins suffisamment corrompu pour reconnaître, dans cette grande institution, la source du bonheur de ton pays et la satisfaction des actionnaires du mien !”
Il pinça paternellement l’oreille du Président Ali, qui lui fit allégeance avec une ferveur apparemment désintéressée.

Accompagné par Monsieur Bernard, son vizir des Affaires Etrangères, et quelques dizaines de personnalités, journalistes, et thuriféraires, le chanoine s’envola pour Bamako. Le Président du Mali, Amadou Toumani Touré, venait justement d’obtenir la libération d’un otage français détenu par une bande de voyous intégristes. Le discours de Monsieur Nicolas fut, une fois de plus, magistral :
“Artisan de cette libération, avec accessoirement l’aide de mon ami et petit collègue Touré, j’affirme avec force la détermination de la France. Jamais elle ne laissera un de ses citoyens enfermé où que ce soit dans le monde sans réagir souverainement. Je précise toutefois que ça ne s’applique pas à Salah Hamouri, franco-palestinien, qui restera dans sa prison israélienne.
Et, mon cher Amadou, je ne terminerai pas cet hommage au Mali (et à moi) sans rappeler tout le bien que mon gouvernement répand sur ton pays. Par centaines et bientôt par milliers, des Maliens égarés en France sont ramenés dans leur mère-patrie par les charters de mon vizir Monsieur Eric Besson. Bien sûr, ils ne sont pas très contents. Mais je compte sur toi pour leur inculquer le sens de l’identité nationale qui leur fait défaut !”

L’escadrille présidentielle fit route vers Kigali, au Rwanda.
L’accueil fut différent. Le président Paul Kagame ne comptait pas parmi les obligés de la France et ça se voyait. C’est dommage car le chanoine Nicolas se surpassa :
“Cher Popaul, chers Huttus, chers Tutsis, chers génocidaires, chers génocidés ! Oui, je suis à vos côtés, je pleure avec vous les sept ou huit cents mille morts victimes du regrettable malentendu de 1994. Certes, la France aurait pu faire mieux, livrer à vos gouvernants d’alors plus de mitrailleuses, de canons, voire des chars et, pourquoi pas, des avions ! Une telle générosité vous aurait évité de faire usage de machettes et de coutelas, armes barbares et de faible rentabilité. Certes la France aurait pu sauver nombre d’entre vous, intervenir avec ses moyens pour mettre fin plus vite à ce malencontreux affrontement ! Mais quoi, mon cher Popaul, personne n’est parfait !
Il n’est pas trop tôt pour bien faire. Embrassons-nous et établissons entre nos deux grands pays des relations économiques fructueuses. Par exemple, vous nous vendez à prix d’ami votre uranium, et nous vous fournissons des centrales nucléaires de toute beauté. Mieux, tenez, les armes qui sont un élément primordial de votre culture, nous vous les procurerons ! Même les avions, oui, les avions, nous pourrons vous livrer des “Rafale” ! Asseyons-nous autour d’une table et concrétisons notre amitié séculaire !”
Monsieur Paul était un ingrat. Il refusa la main tendue.

Le chanoine, contrarié, regagna le foyer conjugal. “Alors, susurra Madame Carla, tu as fait un bon voyage, mon poulet ?”

Jacques FRANCK 25 février 2010

Le film “Home” de Yann Arthus-Bertrand

Posted on : 06-06-2009 | By : vincent | In : Les propos du vieux toubib

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Je n’ai jamais tué le moindre ours blanc par Jacques Franck.

J’ai vu “Home”, le film de Yann Arthus-Bertrand. C’est un superbe document sur la Terre et les menaces qui pèsent sur elle. On ne peut que souscrire à son SOS sur notre avenir. Mais :
Je subodore une tendance moralisatrice et culpabilisante. Ou bien je n’ai rien compris, ou bien l’homme est dénoncé comme parasite et prédateur de la planète. Le développement de ses activités et le souci de son confort seraient les causes principales des dégradations de la nature. Le réchauffement du climat et la fonte des neiges seraient imputables à un modèle de consommation égoïste et, à la limite, criminel. C’est un peu bref comme interprétation, même si ça comporte une part de vérité.
Huit hommes sur dix consomment peu et mal. Ils ne profitent pas des ressources de la planète. Ils habitent en Afrique, en Asie, en Amérique latine Les deux autres vivent mieux. Ça ne les rend pas pour autant responsables des phénomènes présentés dans le film. Si je me lave les cheveux et les dents, si je conduis ma voiture, si je mange du bœuf, si j’allume le chauffage l’hiver, je n’affame aucune espèce animale, je ne fais pas fondre les neiges du Kilimandjaro. Je ne participe pas non plus à la misère des peuples du sud. Je refuse d’être stigmatisé.
Par contre, certaines formes d’exploitation des ressources naturelles et de transformations industrielles contribuent à ces dégradations. Sur ces responsabilités-là, le film est muet. Je m’attendais à la mise en accusation des énormes féodalités économiques et financières qui saccagent et défigurent notre environnement.Malheureusement rien sur les groupes agro-alimentaires (Monsanto, Nestlé par exemple). Rien sur les pétroliers (Total), pollueurs par cupidité de la terre et des mers. Rien sur les trusts de la sidérurgie (Mittal), qui détruisent les hommes par milliers et engraissent leurs actionnaires. Rien sur les géants du Bâtiment et des Travaux publics (Bouygues, Vinci), qui défigurent tous les sites qui leur tombent sous la main. Rien sur les banques et autres institutions financières, qui soumettent la vie des hommes à la loi de la rentabilité.
Yann Arthus-Bertrand ne pouvait pas dire ça. Pourquoi ? Son film est produit par un groupe commercial (Pinault-Printemps-Redoute). On ne tire pas sur ses alliés.
Dommage.

Jacques FRANCK, le 6 juin 2009